Message from the King, de Fabrice Du Welz (2017) – Hallucinations Collectives 2017

« En provenance de Cape Town, Jacob King débarque à Los Angeles à la recherche de sa sœur disparue. Au bout de 24 heures, il découvre que celle-ci est morte dans des circonstances étranges… »

Fabrice Du Weltz est un cinéaste cultivé, du moins dans son domaine, le cinéma de genre. Ce goût est perceptible dans Message from the King : ce qui semble intéresser le cinéaste belge, c’est de faire dans la plus pure tradition du genre du revenge movie, de s’éloigner des effets modernes pour garantir une vraie révérence aux films du passé. Quelle réaction, quelle préciosité ! Pire que ça, ce fétichisme s’adapte à l’histoire racontée : le personnage principal étant censé être un taxi driver, se révèle être dans les dernières minutes du film un policier (une fois la vengeance accomplie évidemment).

La question n’est pas de condamner la vengeance privée (exemple avec Prevenge – présenté aussi au festival – qui n’a aucun problème de ce côté là) mais de la légitimer, de l’expliquer, ce qui montre que le cinéaste est soit un parfait idiot mal à l’aise avec son sujet ou bien un réactionnaire pur jus sans aucun complexe. Oui pour la montrer mais dans tout son éclat, dans toute sa violence. Le reste, c’est du chichi.

Ce qui est le plus énervant reste quand même le fait que le réalisateur balise au maximum : chaque rouage de l’intrigue s’enclenche sans surprise et le spectateur s’amuse à cocher chaque case de son petit carnet « Le film de genre et le cinéphile blasé » : le maire pourri, le beau gosse cerveau de l’opération, l’arme stylée et invraisemblable, l’homme d’argent homosexuel (le film d’ailleurs flirte avec la transphobie, ça serait trop long à expliquer, sachez juste que c’est assez puant), la fille qui couche parce que c’est une « salope » et celle qui se prostitue (mais bon elle c’est pour sauver son enfant)…

C’est dommage parce que l’acteur principal a un truc, un accent lancinant, une gueule de cinéma, un mystère : on a envie d’en savoir plus sur lui, sur qui il est. Il se démène d’ailleurs comme il peut mais son rôle inconséquent et la piètre direction d’acteurs n’aident pas vraiment.

On restera donc sur le mythe de Los Angeles et de ses habitants qui disparaissent parce que plus personne ne les cherche, en espérant que l’histoire du cinéma fasse la même chose avec Message from the King. Cela ne devrait pas être bien difficile.

Tanguy

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