Get Out, de Jordan Peele (2017) – Film d’ouverture des Hallucinations Collectives

 

Get Out, c’est l’échauffement avant la course : la 10ème édition des Hallucinations Collectives commence donc bien. Difficile cependant de ne pas cacher une légère déception à la sortie du film. Il faut dire que l’idée de départ est très bonne car très originale (le critère de l’originalité est le seul qui importe aujourd’hui dans le jugement des films) : une fille sort avec un garçon, celui-ci est noir et la fille ne l’a pas dit à ses parents.

Le début du film est donc à la fois très beau et très violent puisque le jeune couple appréhende la rencontre avec les parents. Pas de préambule psychologique, le départ pour ce week-end familial se fait dans les dix premières minutes : comme dans un éclat de vie, ils foncent tête baissé dans cette violence en sourdine et dans l’imprévu. Ce prologue promet un film d’aujourd’hui.

Les critiques sur le racisme soit-disant fantasmé du film sont au mieux injustes, au pire ignorantes. Le sentiment raciste naît toujours du fantasme, il en est imprégné ; dans Get Out, il se développe pour toucher de plein fouet l’intrigue qui devient alors totalement invraisemblable : le cinéaste fonctionne par analogie « mon intrigue n’a pas de sens ? Le racisme non plus ». A voir aussi une scène de fête très intéressante où le personnage principal est pressé de questions, de la part de personnes âgées (toutes blanches), supposées « bienveillantes » mais qui ne sont qu’essentialistes. Le spectateur suffoque en même temps que Chris tandis que sont dévoilés devant ses yeux le danger du folklore et du cliché ainsi que la tentation de faire du fait-divers sordide. Dépasser cet imaginaire est aussi un indice de santé morale et intellectuelle et Peele a le mérite d’inviter le collectif à engager cette remise en question.

Alors, il manque de la grâce : le twist notamment aurait pu être amené de façon plus élégante. D’ailleurs une fois le « truc » révélé, le film n’évite pas l’écueil du genre : ramener l’intrigue vers le scénario, donc vers le prévisible alors qu’aurait pu se déployer une violence bien plus grande que ce qu’on le peut voir à l’écran dans les vingt dernières minutes. Il aurait fallu pour cela faire entièrement confiance à l’idée de départ. C’est néanmoins un film de bonne facture, un thriller éducatif qui a du cœur. Un cœur qui palpite entre les cloisons d’un épais scénario.

Note : 3/5

Tanguy

 

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