La Cité du jour prochain

C’est un enfant. Drainé par les ongles du rêve
Dans le bestiaire idiot de la réalité,
Il prononce : « La vie acrimonieuse et brève ! »
Trois fois puis meurt au sein de ce qu’on dit : « Cité ».

Scansion des jours de deuil, ô cartes que l’on bat,
Où va-t-il décharger tout ce surplus de sève ?
Dans la bouche puante où chante le combat
Ou dans le tympan mort de qui signe la trêve ?

C’est un enfant de trop qui nomme chaque faute,
Que décourageront la paix et les sabbats,
Qui contemple la tour du langage, si haute,
Jouissant de fierté d’être lui né si bas.

Où porter ce drap noir, sinon au Lieu Reclus,
Dans ce caveau social dont je ne suis pas l’hôte,
Et sur lequel la mer, reflux de tout reflux,
Frappe si lourdement que le couvercle en saute ?

Ce sont deux enfants morts, oui, beaux, voilà la chose :
Le matin est fini, tous les livres sont lus,
Et chacun défigeant les yeux que l’autre oppose,
Ils savent par amour qu’ils ne s’aimeront plus.

Jean Belmontet

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